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PAKISTAN : Les écoles publiques, un environnement hostile aux chrétiens

Publié le 22 mai 2019

Noman est un jeune catholique qui vit à Karachi, au Pakistan. Au cours d’un entretien accordé à l’Aide à l’Église en Détresse, il parle de la discrimination et des mauvais traitements qu’il a subis à l’école en raison de sa foi chrétienne. Voici son histoire de Noman.

 

« Je suis en première année d’études de commerce. Le cricket et le football sont mes passe-temps favoris. J’appartiens à la petite communauté des chrétiens pakistanais, qui compose 2% de la population. Personne dans ma famille n’a été enlevé ou n’a subi de violences, mais j’ai été victime de discrimination de la part de mes camarades de classe et professeurs, à cause de ma religion ».

« Alors que j’étais écolier, quand j’ai signalé qu’un camarade de classe musulman avait triché, le professeur m’a répondu : “il ne triche pas, c’est vous qui trichez”. Le camarade de classe m’a alors surnommé “bhangie”, ce qui signifie « balayeur des rues » ou « nettoyeur de caniveaux ». Il s’est moqué de moi en utilisant des termes irrespectueux pour ma foi. Mais je ne pouvais pas lui rendre la pareille. Si je l’avais fait, j’aurais pu être inculpé de blasphème, et ma famille en aurait souffert. Je suis resté silencieux ».

Une année scolaire perdue

« Mon professeur et mon principal étaient bien conscients de la situation. Ma mère a été appelée pour parler avec mon professeur, mais ils n’étaient pas prêts à écouter ma version des faits. Ils ont même refusé de me donner un formulaire que l’école exigeait pour les examens, si bien qu’une année de mes études a été perdue. »

« Mais je suis reconnaissant à Dieu qui n’a pas abandonné ma famille. Il était là quand un ami de ma mère a offert de payer mes études, ce que mes parents ne pouvaient pas se permettre à l’époque. Le moment le plus heureux de ma vie a été quand j’ai terminé le lycée. J’ai été le premier de ma famille à le faire. »

« Je poursuis maintenant des études de commerce dans une université publique. J’assiste aux cours pendant une moitié de l’année. Je passe l’autre moitié à travailler comme vendeur au centre commercial, parce qu’il est difficile pour mon père de couvrir tous les frais de subsistance de la famille. Même dans les épreuves, Dieu ne m’a jamais abandonné. Il m’a toujours aidé et aimé. Dieu et ma famille, en particulier ma mère, sont mes raisons d’être heureux ».

« Malgré ce que j’ai vécu, je crois que je vais réussir. Et quand je suis inquiet, je récite le Psaume 23,  « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien ». Par ailleurs, je porte toujours un chapelet sur moi ».

« Les pays occidentaux devraient aider les pauvres étudiants chrétiens pakistanais à se loger et à étudier, de manière à ce qu’ils puissent au moins mener une vie meilleure et plus stable. Sinon, je n’ai aucun espoir pour les minorités pakistanaises qui restent dans le pays. Si je pouvais rassembler tous les leaders du monde dans une seule pièce, je leur dirais que la seule chose que je veux, c’est une éducation gratuite pour nos enfants. »

 

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