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PHILIPPINES : Face aux accusations de sédition, la mobilisation

Publié le 2 août 2019

Aux Philippines, les autorités ont accusé de « sédition » plusieurs personnalités publiques, dont quatre évêques, notamment Mgr Socrates Villegas, président de l’AED aux Philippines. Sur place, les fidèles se mobilisent.

Mercredi 31 juillet, après la messe célébrée en la cathédrale Saint-Jean-l’Évangéliste à Dagupan, dans l’archidiocèse de Lingayen-Dagupan – celui de Mgr Villegas -, environ 3000 personnes ont défilé, pour exprimer leur soutien aux dirigeants accusés d’incitation à la sédition, de cyber-diffamation, de diffamation et d’obstruction à la justice. Parmi les personnes concernées :  36 responsables politiques – notamment la vice-présidente des Philippines, des personnalités publiques et et des religieux, dont des prêtres quatre évêques, à savoir Mgr Socrates Villegas, président de l’AED aux Philippines et membre du conseil de surveillance de la fondation internationale, ainsi que Mgr Teodoro Bacani, Mgr Honesto Ongtioco de Cubao et Mgr Pablo David de Caloocan.

Cette enquête fait suite à la publication en avril 2019 de vidéos, réalisées par un homme du nom de Peter Joemel Advincula, plus connu sous le nom de «Bikoy», dans lesquels il impliquait dans des trafics de drogue le président Duterte, des membres de sa famille et des personnalités.En se livrant à la police, il a affirmé que ces vidéos avaient été scénarisées et orchestrées par le parti libéral d’opposition, en connivence avec des dirigeants d’organisations religieuses. Lors d’une conférence de presse, il a cité l’archevêque Socrates Villegas et l’évêque Pablo David parmi les auteurs du complot visant à évincer le président Duterte.

Prier pour la justice et la vérité

Face à ces accusations injustes et inquiétantes, le directeur de l’AED aux Philippines, Jonathan Luciano, n’a pas caché son inquiétude et sa tristesse. « Dans le monde entier, a-t-il déclaré, les cas de persécution religieuse continuent de se multiplier. Embuscades, meurtres, attentats à la bombe, ne sont que quelques-uns des moyens violents utilisés par les persécuteurs. Une méthode subtile mais plus dangereuse continue cependant d’exister. Cela prend la forme d’une persécution politique, dirigée maintenant contre des serviteurs innocents de l’Église catholique. Comme le soulignent les intentions de prière du pape pour le mois de juillet, nous continuons à prier et espérons que les autorités rendront la justice avec vérité et intégrité. » Dimanche 4 août, une « prière pour la Nation » sera lue dans tous les églises de ce pays dont 80% de la population est catholique.

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