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Nos actions

Beyrouth :
aide alimentaire d’urgence aux familles sinistrées


Lebanon, Beirut in August 2020<br /> Food packages distribution through Syriac Catholic church<br />

Pour témoigner de sa solidarité envers le peuple libanais, l’AED, en collaboration avec la Mission pontificale (CNEWA, Association catholique d’aide à l’Orient) et la Caritas Liban, tend la main à ses partenaires locaux afin de pouvoir répondre aux besoins immédiats et urgents de plus de 5880 familles. Nos partenaires de projet soulignent les dégâts considérables que l’explosion a causé parmi la population sinistrée, qui dépend entièrement de l’aide internationale, car la crise économique abyssale a rendu le pays impuissant.

Grâce à l’aide précieuse de ses bienfaiteurs, l’AED a commencé à distribuer une aide d’urgence. Dans les quartiers de Beyrouth les plus touchés par l’explosion (Gemmayzeh, Mar Mikhael, Rmeil, Badawi, Nabaa, Bourj Hammoud, Jdiedeh, Karm el Zeitoun et Dbayeh), plus de 5880 familles reçoivent des colis alimentaires distribués par certains dispensaires et centres sociaux gérés par des congrégations telles que comme les Sœurs du Bon Pasteur, les Filles de la Charité, l’Assemblée des Congrégations religieuses féminines et les centres des Églises catholiques arménienne, chaldéenne et syriaque. C’est la première étape de l’aide. Ensuite, l’AED aidera à réparer les structures de l’Église qui ont été endommagées (chapelles, églises, couvents).

L’objectif est, dans un premier temps, de permettre à 5000 familles de recevoir un colis alimentaire (50 $ soit environ 43 €) contenant les ingrédients nécessaires à la préparation de repas chauds quotidiens : lentilles, pois chiches, haricots rouges, boulghour, riz, huile, thon, fromage pasteurisé, lait, sucre, sel, confiture, etc.

 

Contenu d’un colis (50$, soit 43 € environ) :
Description Quantité par colis Prix unitaire Coût ($)
Sucre 900g 3 0.58 1.74
Haricots (blancs) 908g 1 1.90 1.90
Haricots (rouges) 908g 2 1.80 3.60
Hoummous 908g 2 1.00 2.00
Lentilles vertes 908g 2 1.00 2.00
Farine 908g 2 0.90 1.80
Boulgour 908g (خشن) 2 0.80 1.60
Spaghettis 400g 5 0.45 2.25
Vermicelle 400g (شعيرية) 2 0.45 0.90
Confiture 370g (مشمش) 1 1.65 1.65
sel 700g 1 0.26 0.26
sardine 125g 5 0.56 2.80
huile de tournesol 1L 2 1.30 2.60
Pâte de tomate 250g 3 0.66 1.98
Thon blanc 185g 3 1.10 3.30
Farine 900g 2 0.4 0.80
Lait en poudre Dano 900g 1 5.00 5.00
Thé 20 sachets 1 0.70 0.70
Zaatar 454g 1 1.55 1.55
Huile d’olive 500ml 2 1.85 3.70
Biscuit 555 x 8 rouleaux 1 1.33 1.33
Pâte à tartiner au chocolat 350g 1 1.85 1.85
Macaroni Safad 400g 2 0.45 0.90
Riz égyptien 908g 3 0.69 2.07
Fromage en boîte 125g 2 0.80 1.60
Coût d’un colis 49.88

Avant l’explosion, les gens les plus modestes étaient à peine capables d’acheter de la nourriture et beaucoup sombraient déjà dans la pauvreté. Depuis octobre 2019, avec la détérioration des conditions économiques, suivie des manifestations, le Liban a été témoin d’un nouveau phénomène de dégradation dramatique des conditions de vie et économiques des Libanais. Sans oublier le lourd impact de la présence massive de réfugiés dans le pays, épuisant les infrastructures et l’économie qui souffraient déjà, et suivis des conséquences de la récente crise économique et de l’épidémie du Covid-19. Ainsi, si les Libanais pauvres devenaient plus pauvres avant l’explosion, qu’en sera-t-il maintenant, avec toutes ces pertes morales, financières et physiques ?

Certains des partenaires locaux qui coopéreront à la distribution des colis alimentaires ont expliqué la situation qu’ils subissaient. « L’explosion nous a secoués », a déclaré Sœur Rita Khoury, des Filles de la Charité, l’une des congrégations soutenues par le projet. Elles gèrent un dispensaire de protection maternelle et infantile depuis 1959 à Karm el Zeitoun, banlieue pauvre d’Achrafieh, qui fait partie de Beyrouth. Comme les gens y sont dépourvus de tout, elles fournissent les services médicaux de base.

Depuis l’explosion, Sœur Rita, son équipe et un groupe de bénévoles se promènent dans les rues étroites du quartier densément peuplé de Karm el Zeitoun, tentant d’évaluer les besoins et d’aider les gens. « Les maisons de notre personnel et de tous les résidents de la zone ont été endommagées. Les 5 centres de la congrégation, dont 2 écoles situées à Achrafieh, ont également été gravement endommagés, et malheureusement, nous avons perdu une sœur dans l’explosion ».

Liban explosion du port de BeyrouthAshrafieh est l’un des plus anciens quartiers de Beyrouth et compte des milliers de structures anciennes. À seulement 2 km du port de Beyrouth, des bâtiments et des maisons ont été endommagés et ont des fenêtres et des portes brisées, des meubles et du matériel détruits. Au nord d’Ashrafieh se trouvent également deux zones pauvres qui ont eu leur part de dommages : Bourj Hammoud et Nabaa, qui sont fortement peuplés de libanais démunis, de réfugiés vulnérables et de travailleurs migrants marginalisés, et où le partenaire de projet de l’AED, la CNEWA/Mission pontificale, soutient deux dispensaires liés à l’Église, le Centre socio-médical Karagheusian et le dispensaire socio-médical intercommunautaire qui fournissent une aide médicale et sociale à plus de 7.000 personnes dans le besoin. Le Centre Karagheusian bénéficiera également de l’aide d’urgence.

« Dieu merci, l’explosion s’est produite à 18h00. Si c’était arrivé 3 heures plus tôt, nos patients, moi et mon personnel, serions maintenant morts ! Le matin même, nous avions accueilli 250 patients avec une équipe de 50 membres du personnel. Je ne peux pas imaginer quelle aurait alors été la situation.  Le centre est gravement endommagé. Mon bureau est complètement détruit, nous avons perdu 25 fenêtres, 15 portes, des faux plafond, plusieurs ordinateurs portables, une photocopieuse, etc…. » a déclaré Serop Ohanian, directeur du Centre socio-médical Karagheusian.

Aide d'urgence au Liban

« Pendant les 15 longues années de guerre civile, nous n’avions jamais été confrontés à une telle destruction instantanée. Aucune maison, aucun magasin et aucune institution n’ont été épargnés par les dommages », a déclaré Sœur Marie Justine el Osta de la Congrégation maronite des Sœurs de la Sainte Famille, et directrice du dispensaire socio-médical intercommunautaire. Le dispensaire sera l’un des distributeurs des colis alimentaires. Il est situé dans la région de Nabaa, connu pour être un quartier pauvre de Beyrouth-Est avec des communautés mixtes, principalement des chrétiens déplacés du Mont Liban et d’autres parties du pays pendant la guerre civile, en plus d’un grand nombre de travailleurs étrangers (syriens, égyptiens, irakiens, sri-lankais, philippins, etc.) à la recherche d’un abri dans des petits logements loués à bas prix. « Trois membres de notre personnel ont également subi des blessures alors qu’ils étaient chez eux. Le dispensaire est en déroute, presque toutes ses fenêtres sont brisées, ses portes en bois et même celles en acier sont endommagées. Des centaines de maisons à proximité du centre ont subi des dommages. Il s’agit des maisons de nos patients et de gens qui sont pauvres et viennent chercher de l’aide médicale, de la nourriture et des vêtements. Ils ne peuvent pas réparer tout ce qui a été détruit, en particulier les vitres, compte tenu de la crise économique et financière actuelle du pays. Dieu merci, il fait beau en ce moment, mais dans quelques mois, nous pourrions avoir de la pluie, ce qui sera une catastrophe. Ces gens ont un besoin urgent de soutien, car ils ne peuvent pas faire les réparations par eux-mêmes, surtout sans travail, argent ni nourriture », a déclaré Sœur Marie Justine.

Entretien : l’AED finance des colis alimentaires pour les survivants de l’explosion à Beyrouth
L’AED coopère depuis longtemps avec de nombreux partenaires de projet au Liban, en particulier dans le domaine de la pastorale et de l’assistance aux réfugiés. Après l’explosion dévastatrice qui s’est produite dans le port de Beyrouth, cela représente un avantage considérable. Entretien avec Regina Lynch, directrice du département des projets internationaux de l’AED, au sujet de la situation à Beyrouth et des autres possibilités d’assistance.

Quelles sont les nouvelles que vous recevez des partenaires de projet à Beyrouth ? Comment la situation se présente-t-elle dans la ville ?
Beyrouth traverse une crise sévère. Il n’y a presque pas d’électricité, parfois pas de téléphone ni d’Internet. Environ 90 000 immeubles et maisons ont été détruits ou endommagés par l’explosion. L’aide internationale promise dimanche et devant s’élever à 297 millions de dollars US est largement inférieure à ce qui serait nécessaire pour la reconstruction.

Que fait l’Église locale pour aider les survivants ?
Déjà avant cette explosion, les patriarcats catholiques (les patriarcats maronite, grec-catholique, syriaque catholique et arménien) du Liban avait mis en place conjointement avec les paroisses et les institutions comme les Œuvres pontificales missionnaires un comité dédié au soutien des chrétiens face à l’inflation galopante et au chômage. Beaucoup de familles souffraient la faim et envisageaient de quitter le Liban.

Dans ce contexte, un plan de distribution de biens de première nécessité avait déjà été instauré. Cela signifie que l’Église est déjà bien positionnée, même après cette explosion, pour distribuer l’aide provenant de l’étranger, par exemple les denrées alimentaires, les médicaments, les couvertures etc. Il est impressionnant de voir à quel point les jeunes catholiques s’engagent dans la distribution de l’aide d’urgence.

Comment le soutien apporté par l’AED a-t-il été utilisé ?
Dans une première étape, l’AED a accordé une enveloppe de 250 000 euros, qui permettra de financer des colis alimentaires pour 5 000 familles. La plupart d’entre elles subit directement les conséquences de l’explosion. Cependant, nous apportons aussi notre aide aux Libanais et réfugiés chrétiens qui luttaient déjà pour leur survie avant la catastrophe. L’explosion a d’ailleurs aussi détruit quelques-uns des principaux silos à céréales. Il s’ensuivra une hausse encore plus forte des prix des denrées alimentaires.

Quelles sont les autres possibilités de soutien prévues par l’AED ?
Environ 80 % du district chrétien d’Achrafieh ont été gravement endommagés par l’explosion  – c’est la partie du quartier la plus proche du port, et elle a littéralement disparu sous les décombres. Des centaines de familles chrétiennes ont perdu leur habitation et leurs moyens de subsistance. De nombreux hôpitaux et institutions médicales catholiques doivent être très rapidement remis en état afin de pouvoir continuer à fonctionner. D’innombrables bâtiments de l’Église ont été détruits ou gravement endommagés, par exemple la cathédrale Saint-Georges des Maronites, des églises paroissiales, des monastères et des maisons provinciales de différentes congrégations qui œuvrent au Proche-Orient. Avec ses partenaires sur place, l’AED détermine lesquelles de ces différentes misères peuvent être soulagées immédiatement, et lesquelles pourront l’être dans les prochains mois avant le début de l’hiver. Les chrétiens du Liban doivent savoir qu’ils peuvent compter sur les prières et le soutien financier des bienfaiteurs de l’AED.

 

17 août 2020, Beyrouth : les chrétiens font face aux accapareurs de terres

Les chrétiens de Beyrouth ont répondu par le mépris aux groupes qui cherchaient à profiter de l’explosion de la semaine dernière pour essayer de les persuader de vendre et de partir.

Face aux informations selon lesquelles 300.000 familles auraient été déplacées par l’explosion du 4 août, Mgr Toufic Bou-Hadir raconte comment les gens – y compris les personnes âgées – choisissent de garder leurs maisons endommagées plutôt que d’accepter des offres d’achat de leurs propriétés.

Soulignant que ce sont les quartiers chrétiens de Beyrouth qui ont été les plus durement touchés par l’explosion, Mgr Toufic Bou-Hadir a déclaré qu’au cours des derniers jours, les responsables de l’Église avaient travaillé avec les politiciens pour faire échouer les accapareurs de terres, en faisant voter une loi empêchant les fidèles de vendre leurs maisons.

Pendant ce temps, près de 300 jeunes ont rempli la cathédrale maronite endommagée de Beyrouth pour une veillée nocturne où ils ont entendu Mgr Paul Abdel Sater, archevêque de Beyrouth, les appeler à ne pas perdre confiance en leur avenir dans la ville, malgré l’explosion du 4 août.

Mgr Bou-Hadir a déclaré à l’AED : « Il y a des gens qui essaient de profiter de cette catastrophe et d’acheter des terres et des maisons aux chrétiens ».

Il a poursuivi : « Les gens veulent rester. Un certain nombre de personnes âgées – et les plus jeunes aussi – restent chez elles, même si elles sont endommagées. Avec tout le respect que je dois aux personnes qui professent d’autres croyances religieuses, nous ne pouvons pas vendre les maisons des chrétiens à d’autres. Nous ne voulons pas changer la démographie. La terre n’a pas seulement une valeur matérielle. C’est notre dignité ; c’est là que nous avons nos racines ».

Mgr Bou-Hadir, qui est directeur de la Commission du patriarcat maronite pour la jeunesse, a félicité les jeunes qui, selon lui, ont travaillé dur en tant que bénévoles pour nettoyer les rues des débris causés par l’explosion et apporter des fournitures d’urgence aux familles.

Dans les heures qui ont suivi la catastrophe, l’AED a accordé une aide d’urgence pour fournir de la nourriture à 5.000 familles.

Mgr Bou-Hadir a souligné que le chemin de guérison de Beyrouth serait long et compliqué, sachant que les estimations sont de 200 personnes tuées et 6.000 blessées.

Il a déclaré : « Je tiens à remercier l’Aide à l’Église en Détresse pour avoir aidé à fournir un soutien essentiel. Tout d’abord, il y a eu le choc, les gens étaient juste concentrés sur la question de leur survie. Maintenant, ils comprennent tout l’impact de ce qui s’est passé et ils se rendent compte à quel point l’avenir sera difficile, mais le Christ est notre espérance ».

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