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Carême 2018 :
aider une soupe populaire au Liban pour les réfugiés syriens

Le cuisiner Dany participe à la distributionDepuis trois ans, l’AED soutient en continu le programme alimentaire « Table de Saint Jean le Miséricordieux » en faveur des réfugiés syriens, dans la région de Zahlé et la vallée de la Bekaa, à l’initiative de l’archidiocèse gréco-catholique de Zahle.

Compte tenu de la crise des réfugiés, qui est peut-être la plus dramatique au monde au regard de la proportion de la population concernée, le plus gros problème qui se pose aujourd’hui dans un pays aussi minuscule que le Liban est de savoir comment éviter de devenir une société tragiquement scindée entre une population autochtone de plus en plus en colère, et un flot croissant de réfugiés syriens. Selon les estimations, les réfugiés constituent déjà actuellement plus du tiers de la population totale du pays. La situation tendue exige des efforts inlassables de créativité pour promouvoir la coexistence et l’intégration. Dans ce domaine, l’Église catholique est pionnière.

Le personnel de cuisine distribue le repas à l’heure du déjeuner.

Le projet concret de soupe populaire « Table de Saint Jean le Miséricordieux » se situe à Zahlé, à 55 km à l’est de Beyrouth, dans la plaine de la Bekaa. Zahlé, qui compte 90% de chrétiens, est la ville ayant la plus forte proportion de chrétiens de tout le Proche-Orient. La plaine de la Bekaa, qui jouxte directement la frontière syrienne, a été et reste souvent la première escale pour un nombre particulièrement élevé de réfugiés.
Les réfugiés ont souvent quitté leur patrie de façon précipitée et ont dû laisser tous leurs biens derrière eux. La baisse des réserves d’argent et la hausse des prix des loyers dans cette région surpeuplée a pour conséquence que beaucoup de réfugiés doivent soit être hébergés dans des familles libanaises, soit se partager de petits logements à plusieurs, soit trouver un abri dans les camps. Chacun de ces scénarios mène à des conditions précaires, en-dessous de la norme standard.

Compte tenu de la croissance de la population, la situation est tendue sur le marché du travail. Les augmentations de prix, le dumping salarial et un taux élevé de chômage (en 2017, il est de 7% au niveau national) poussent de nombreuses personnes dans la pauvreté.
Les plus vulnérables ici sont les réfugiés, en particulier ceux qui ont perdu des membres de leur famille dans la guerre, les personnes élevant seules leurs enfants, les malades et les handicapés. Mais la population libanaise est également touchée par l’appauvrissement. Ici aussi, les personnes âgées, les malades et les handicapés dépendent d’une aide extérieure.

Les personnes concernées ont avant tout besoin d’aide pour survivre : de la nourriture, des soins médicaux, avoir un toit sur la tête, un emploi. Sana Samia, employée de l’archidiocèse melkite gréco-catholique de Zahlé, le dit très clairement : « Sans ce projet, les gens qui mangent ici seraient affamés ».
Le but très pratique du projet « Table de Saint Jean le Miséricordieux », une soupe populaire, est que personne ne meure de faim. Au début du projet, il n’y avait que 500 repas chauds. Maintenant, 1.000 repas chauds sont distribués quotidiennement aux réfugiés syriens et aux libanais qui n’ont pas les moyens de se payer leur propre nourriture. Le projet est un résultat visible de l’Année Sainte de la Miséricorde, lancée en 2015 par le Pape François. C’est la même année qu’a été ouverte en décembre, dans le centre-ville de Zahlé, une soupe populaire qui a été appelée « Restaurant » par la population reconnaissante.

Non seulement ce projet fournit chaque jour un repas au restaurant à environ 1.000 personnes (dont plus de 150 personnes handicapées), mais il a aussi mis en place un service mobile qui approvisionne à domicile environ 50 personnes qui ne peuvent plus quitter leur maison.

A long terme
Même maintenant que l’État Islamique a été largement endigué, la situation au Proche-Orient reste instable et dangereuse. Tant qu’il en sera ainsi, la « Table de Saint Jean le Miséricordieux » devra également être maintenue. À l’origine, beaucoup ne considéraient le Liban que comme une étape de transit avant de faire le grand saut vers l’Occident. Mais la rumeur s’est désormais répandue selon laquelle l’avenir n’est pas non plus facile là-bas, sachant qu’on n’y est pas reçu partout à bras ouverts. Environ 90% des réfugiés voudraient revenir en Syrie – c’est l’objectif à long terme, mais il est encore trop tôt pour cela, et en attendant, le projet est légitime.

La soupe populaire aide beaucoup de familles endeuillées

L’initiative a une triple utilité et trois objectifs : elle fournit une alimentation saine et nourrissante à ceux qui, autrement, ne seraient pas en mesure de se l’offrir ; elle est un lieu de vie communautaire et d’échange pour différentes personnes qui sont dans des situations similaires, ainsi qu’un lieu de prise en charge spirituelle. Un diacre fait partie intégrante du projet, aucun repas n’a lieu sans prière.
En plus de répondre aux besoins actuels les plus pressants des réfugiés syriens au Liban, et de tenter de maintenir l’unité d’une société traumatisée et accablée, il y a un motif encore plus profond pour les repas gratuits : la survie du christianisme au Proche-Orient. Les syriens ainsi que les libanais peuvent être convaincus, grâce au projet, que quelqu’un s’intéresse à eux, et qu’un avenir est encore possible sur place.

La soupe populaire a aujourd’hui deux employés à temps plein (cuisiniers), tous deux syriens, et un certain nombre de bénévoles qui non seulement approvisionnent gratuitement ceux qui vont au restaurant, mais aussi les enfants de l’école voisine Sainte Rita (280 élèves, dont 100 syriens ) : également une initiative de l’archidiocèse.

Les distributions portent actuellement sur 1.000 repas x 24 jours/mois x 3$ par repas (moins de 2,50€) = 72 000$ par mois. Il convient d’y ajouter 800$ par cuisinier, soit 1600$ par mois pour les deux cuisiniers.

Voir quelques images vidéos du projet (en allemand)

Dès le début de la crise, l’archidiocèse gréco-catholique melkite de Zahlé s’est engagé dans l’aide aux réfugiés, tant au niveau pastoral qu’au niveau humanitaire. En plus de l’aide humanitaire, l’archidiocèse prend en compte dans sa méthodologie tous les aspects sociaux, psychologiques et spirituels qui sont très importants pour les familles, afin de les aider à surmonter ces temps difficiles. Ces familles sont également prises en charge psychologiquement par des psychologues spécialisés et dans le cadre de sessions spéciales. L’AED a continuellement soutenu ce travail depuis 2013, d’abord sous la forme d’un « plan d’aide humanitaire » au moyen de colis de produits alimentaires et hygiéniques, ainsi que par des aides financières au logement, et depuis 2015 en soutenant la soupe populaire « Table de Saint Jean le Miséricordieux ». Au total, l’AED a soutenu 10 projets d’aide aux réfugiés de l’archidiocèse, pour un total de 1 870 000 euros.

 

 

 

 

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