200 millions de chrétiens ne peuvent vivre leur foi librement > faire un don

Russie : « Ma sœur, revenez-moi bien vite ! »

Publié le 23 juin 2020

Les religieuses du diocèse catholique romain de la Transfiguration de Novossibirsk, restent aux côtés des personnes marginalisées pendant la crise du coronavirus. Seule une minorité est tombée malade ; néanmoins, le confinement et ses conséquences économiques frappent tous les citoyens de la métropole d’1,5 million d’habitants en Sibérie occidentale.

Dans la zone urbaine de Novossibirsk, 4 604 cas de coronavirus et 62 décès ont été enregistrés. Membre de la congrégation des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, la religieuse d’origine allemande Sœur Theresa Witschling résume la situation ainsi : « La Sibérie est connue comme ‘une maison sans toit’. Un pays qui, au fil de son histoire, a vu l’arrivée d’innombrables exilés et personnes déplacées de force. Parmi celles-ci, beaucoup sont morts en martyrs. Que ce soit de faim, de travail inhumain, de froid. L’hiver sibérien, long et rude, et les étés courts et caniculaires montrent clairement qu’ici, la vie est très difficile. »

Un diocèse de deux millions de km²

Environ un demi-million de personnes avec des racines catholiques, majoritairement d’origine ukrainienne, polonaise ou allemande, vivent dans le diocèse de la Transfiguration en Sibérie occidentale sur une superficie de 2 millions de km2. Une quarantaine de prêtres s’occupent des 70 paroisses. Pour cela, il leur faut parcourir d’immenses distances. Sans l’aide des religieuses, le suivi pastoral des fidèles très dispersés serait absolument impossible.

Voilà pourquoi Sœur Theresa est venue en Sibérie en 2015 malgré les circonstances inhospitalières, en compagnie de deux autres sœurs. Depuis, les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul s’occupent d’un centre public et d’un centre appartenant à l’Église pour les enfants de Slavgorod, au sud-ouest de Novossibirsk. « La plupart des enfants sont originaires de familles en difficulté et socialement vulnérables (…) ils restent beaucoup trop souvent livrés à eux-mêmes. » Les religieuses les aident à faire leurs devoirs de classe, proposent différents projets culturels et veillent à ce que le déjeuner scolaire d’une centaine d’enfants soit payé, car ce sera souvent le seul repas chaud de la journée. Par ailleurs, deux fois par an, en été et en hiver, elles invitent les enfants à participer au programme « vacances avec Dieu ».

Un morceau de pain pour les enfants

À cause de la pandémie, tout cela a changé. « Notre travail ici est maintenant devenu plus compliqué. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi, ou ont subi une réduction de leurs salaires. Ils frappent à nos portes et nous demandent de l’aide, ne serait-ce qu’un morceau de pain pour les enfants. »

Toutefois, ce n’est pas uniquement ce qui donne aux gens consolation et espérance : « Nous rendons grâce à Dieu de pouvoir célébrer l’Eucharistie tous les jours. En réponse à la pandémie, nous avons un temps d’adoration quotidien de la Sainte Eucharistie. À la fin, le prêtre descend dans la rue avec l’ostensoir et bénit avec le Seigneur la communauté et la ville.»

Surmonter les distances

À Sourgout, à un millier de kilomètres à vol d’oiseau au nord de Novossibirsk, deux Sœurs polonaises de la Congrégation Sœurs angéliques de Saint-Paul, incarnent véritablement des anges pour les 140 personnes sans domicile fixe dans un foyer de réinsertion sociale. Elles organisent dans la paroisse des collectes de vêtements et de nourriture, ce qui est particulièrement vital en ces temps difficiles.

« En cette période de Covid-19, tout est devenu difficile. Les transports en commun circulent encore moins, les taxis collectifs privés viennent irrégulièrement et respectent rarement les horaires. Pour nous, il est donc devenu difficile de nous rendre au chevet des malades, de faire des courses pour des personnes âgées et seules ou de leur apporter des médicaments. » les messes doivent maintenant se dérouler sans la présence physique des fidèles. Mais le besoin encourage la créativité : les religieux ont mis en place un groupe WhatsApp pour connecter toute la communauté et la tenir au courant grâce à ce réseau. Cela permet aussi de partager les liens pour la diffusion en direct des offices religieux en ligne.

La prière : le plus puissant des remèdes

Seule communauté contemplative du diocèse, les Carmélites de Novossibirsk opposent à la pandémie la défense la plus puissante dont nous disposons comme chrétiens – la prière. Les religieuses Sœurs Teresamaria, Christina et Agnija écrivent : « Nous prions pour la guérison des malades, la consolation pour ceux qui souffrent, l’aide pour les professionnels de la santé et la protection contre la contagion pour les groupes de personnes les plus vulnérables. Nous incluons aussi dans nos prières les scientifiques qui travaillent sur le développement de médicaments et d’un vaccin contre le virus, et nous n’oublions pas les gouvernants qui doivent résoudre des problèmes socio-économiques de portée mondiale. Pleines de reconnaissance pour l’aide que nous recevons de votre part, nous incluons toujours l’AED et ses bienfaiteurs aux prières que nous offrons au Seigneur. »

 

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