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SOUDAN DU SUD : Missionnaire dans un pays en ruine

Publié le 23 octobre 2019

En ce mois missionnaire extraordinaire, l’AED a rencontré le Père Boniface Isenge, du diocèse de Rumbek, dans le centre du Soudan du Sud. Son pays se relève péniblement de la guerre civile de 2013-2017 qui a coûté la vie à des centaines de milliers de personnes.

La division du Soudan en deux États a eu lieu en 2013, le Soudan, à majorité musulmane s’est séparé du Sud-Soudan où environ 60% de la population est chrétienne et 30% animiste. Dans le contexte de la guerre civile qui a suivie cette partition, l’Église catholique demeurait la seule institution capable de fonctionner explique le Père Boniface. Membre de la congrégation du Saint-Esprit, il a tout d’abord passé huit ans dans le pays voisin, l’Éthiopie, alors qu’il était jeune prêtre, avant de décider de s’installer au Soudan du Sud en 2013. « Après l’indépendance du pays, mon ordre a lancé un appel aux prêtres et missionnaires volontaires pour œuvrer ici. Je souhaitais faire quelque chose de nouveau et j’étais prêt pour cette nouvelle mission », se souvient Père Boniface.

« L’instruction est la clé de la paix »

Peu de temps après son arrivée, l’ecclésiastique s’est rendu compte que ses fidèles avaient soif d’instruction. « Les écoles sont parfois très éloignées les unes des autres au Soudan du Sud, déplore-t-il. Elles sont en sureffectif et les enseignants font généralement la classe à une soixantaine d’élèves… et parfois à une centaine ! » Selon les autorités, environ les trois quarts des habitants du Soudan du Sud de plus de 15 ans sont analphabètes. Le curé n’a pas tardé à s’en rendre compte : « L’instruction est essentielle pour faire disparaître les tensions récurrentes au sein de la population. L’instruction est la clé de la paix ! »

Le Père Boniface s’attache à convaincre les parents de l’importance de l’instruction pour leurs enfants. Elle permet d’avoir de meilleures opportunités que la génération précédente. Elle consolide aussi l’indépendance et en particulier l’indépendance des jeunes filles. « 17 pour cent des mariages dans ce pays sont conclus avec des filles mineures. C’est malheureusement encore une pratique courante », explique-t-il.

Le Soudan du Sud a beau être le troisième pays le plus pauvre au monde, les prix sont relativement élevés. « Pour beaucoup, même les denrées les plus élémentaires sont inabordables et ces personnes ont besoin d’aide et d’assistance pour survivre. » De nombreuses maladies telles que la malaria viennent peser encore davantage sur les populations. Malgré tous ces problèmes, Père Boniface est confiant : « Je remercie du fond du cœur tous ceux et toutes celles qui nous soutiennent et sont réunis avec nous dans la prière. J’ai espoir qu’à l’avenir, les habitants pourront bien vivre au Soudan du Sud. »

Depuis 2015, l’AED a soutenu l’Église du Soudan du Sud à hauteur de plus de 3,4 millions d’euros, notamment pour la reconstruction d’églises et d’établissements pastoraux, la formation des prêtres et des intentions de messe.

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