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Syrie: l'AED lance une journée mondiale de prière le 15 mars

Publié le 11 mars 2015

Le Patriarche d’Antioche Grégoire III, à la tête de l’Église melkite gréco-catholique, appelle à une journée de prière pour la Syrie le 15 mars 2015, quatre ans après le début de la guerre. L’AED, qui a déjà versé 6,3 millions d’euros pour les réfugiés syriens depuis 2011, soutient cet appel.

Participer à la journée mondiale de prière pour la paix en Syrie

Les 15 et 16 mars 2011, il y a quatre ans, ont commencé les manifestations contre Bashar El-Assad dans la ville syrienne de Deraa. Aujourd’hui, la situation de millions de personnes en Syrie est catastrophique. L’avancée du prétendu Etat islamique dans la région du nord-est (cf. les dernières nouvelles reçues hier, voir ci-dessous), l’extension du conflit aux pays voisins et la diminution de l’attention de la communauté internationale la rend encore plus tragique.

L’AED, qui a déjà versé 6,3 millions d’euros depuis le début de la guerre, fournit  une aide d’urgence aux familles de Damas, Alep, Homs et d’autres zones touchées : aliments de base, médicaments, soins médicaux d’urgence, la location d’hébergements ainsi que les frais de chauffage et d’électricité. Tout ceci soulage dans l’immédiat mais ne met pas fin à la guerre.

L’AED appelle donc à prier le 15 mars en communion avec les chrétiens de Syrie et du Proche-Orient pour la fin de la guerre et de la souffrance, à la suite de l’appel du Patriarche Grégoire III: « Le carême est un chemin de croix, et les pays arabes en sont à leur cinquième année de chemin de croix. La tragédie que nous vivons aujourd’hui est la plus importante depuis la seconde guerre mondiale. Nous sommes désemparés devant la douleur et la souffrance de toutes les communautés chrétiennes et musulmanes de notre peuple. Tout le monde a été touché par la pauvreté, la faim, le froid, le manque de vêtements, les maladies et invalidités. Du plus profond de nos souffrances et de notre douleur en Syrie, nous crions avec notre peuple qui souffre, qui marche sur le chemin sanglant de la Croix, et lançons un appel au monde entier : Assez ! Assez ! Assez de la guerre en Syrie ! Nous croyons en la puissance de la prière et nous appelons à une journée de solidarité avec la Syrie, une journée de prière pour l’espérance et la paix en Syrie. »

Cette journée de prière suivra l’appel du Pape François à prier pour la paix les 13 et 14 mars.

Des nouvelles de Khabour : 10 mars 2015

L’AED a reçu le 10 mars un message de l’archimandrite Emanuel Youkhana, leader des chrétiens assyriens et responsable du CAPNI (Christian Aid Program Northern Iraq) donnant les nouvelles récentes sur la région de Khabour en proie avec l’Etat islamique:

« Suite à l’avancée de Daech (ndlr: Etat islamique) qui contrôlait alors trois villages de la partie nord de Khabour, des frappes aériennes intensives ont été lancées par les États-Unis, et les combattants kurdes et assyriens ont contre-attaqué sur le terrain. Le siège de 14 combattants assyriens à Rakba (colline entre Tel Nasri et Tel Tammar) a pris fin et ils ont été libérés indemnes. Les trois villages Tel Nasri, Tel Maghas et Tel Hafyan sont à nouveau contrôlés par les combattants kurdes et assyriens. Daech a donc été vaincu et exclu de la rive nord du fleuve Khabour.

Jusqu’à présent, nous n’avons pas de nouvelles des quelque 250 captifs. Nous sommes donc encore en droit d’espérer. Nous espérons et prions pour leur libération.

Hier, lundi 9 mars, nous avons réussi à envoyer un camion avec du matériel de secours (médicaments, le lait et les couvertures) à Hasseke via Fishkhabour (à la frontière syro-irakienne). Nous sommes reconnaissants envers les autorités kurdes qui nous ont facilité le transport des deux côtés (irakien et syrien). Plusieurs oeuvres chrétiennes caritatives nous ont porté secours.

Je voudrais préciser quelque chose de très important au sujet des chrétiens assyriens ciblés par l’État islamique dans la région de Khabour : leurs grands-pères avaient survécu au génocide de 1915, les survivants avaient fui vers Dohuk, intégré au nouvel État irakien en 1932. Un an plus tard, le 6/7 août 1933, un nouveau massacre a eu lieu à Sumail/Semele près de  Duhok, ciblant spécifiquement les chrétiens assyriens. (Hasard étonnant, l’État islamique a contrôlé la plaine de Ninive le 6/7 août 2014 !!!) Ils ont survécu à ce nouveau génocide et ont fui vers la région de Khabour en Syrie pour commencer une nouvelle vie.

Trois persécutions en un siècle pour un même peuple : assez !

Cela se passe en parallèle de la destruction de la mémoire assyrienne, l’histoire et l’identité de Ninive, Nimrud, etc.

La question est :
Si notre histoire est détruite, nos sites historiques démolis, notre présent sacrifié, pouvons-nous avoir un avenir ?
Un futur est-il possible s’il n’y a plus ni passé ni présent ?

Agir dépasse la capacité de la petite minorité que nous sommes.
C’est une obligation morale du monde international et civilisé de faire quelque chose.

Le peuvent-ils? Oui
Vont-ils le faire ? Je ne sais pas… »

Archimandrite Emanuel Youkhana
ܐܪܟܕܝܩܘܢ ܥܡܢܘܐܝܠ ܝܘܚܢܢ

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