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SYRIE : « Les Kurdes tentent d’éliminer la présence chrétienne du nord-est du pays »

Publié le 5 septembre 2018

Suite à la fermeture d’écoles chrétiennes par des milices kurdes, dans le nord-est de la Syrie, Mgr Jacques Behnam Hindo dénonce leur volonté d’expulser les chrétiens de la région.

« Je le répète depuis des années, les Kurdes tentent d’éliminer toute présence chrétienne de cette région de Syrie », confie à l’AED Mgr Jacques Behnam Hindo, archevêque syro-catholique de Hassaké-Nisibi, dans le nord-est du pays.

« La fermeture de ces écoles est un crève-cœur »

Depuis le 28 août, à Qamishli, Darbasiyah et Malikiyah, des écoles chrétiennes ont été fermées par la Fédération démocratique de Syrie du Nord. « La fermeture de nos écoles est pour nous un crève-cœur, témoigne Mgr Hindo. L’Église gère ces établissements depuis 1932, et nous n’aurions jamais imaginé qu’ils pourraient être fermés. » Cette région est de facto autonome et dirigée par le parti kurde de l’Union démocratique.

« Depuis le début de l’année, l’administration locale a pris possession d’une centaine d’écoles publiques, dans lesquelles elle a imposé son programme scolaire et ses manuels scolaires. Les fonctionnaires kurdes nous avaient assuré qu’ils ne s’approcheraient pas des écoles privées, dont beaucoup sont chrétiennes. En réalité, non seulement ils s’en sont approchés, mais ils en ont même fermé les portes » s’indigne Mgr Hindo.

« Ils veulent chasser les chrétiens »

Officiellement, ces fermetures sont justifiées par le refus des écoles se conformer au nouveau programme scolaire imposé par les autorités de la région. Celui-ci prévoit notamment l’enseignement obligatoire de la langue kurde. Pourtant, trois langues officielles y sont reconnues : l’arabe, le kurde et le syriaque. « Ils ne veulent pas que l’enseignement se fasse dans la langue de l’Église, le syriaque ancien », dénonce Mgr Hindo, soulignant que l’Eglise gère ces établissements depuis 1932.

Pour Mgr Hindo, ces mesures confirment la volonté de « kurdiser » la région, le départ de la communauté chrétienne locale constituant la prochaine étape. « Nous dénonçons ce danger depuis 2015, au moins, confie-t-il. Ils veulent nous chasser, nous les chrétiens […]. Il faut faire la lumière sur ce qui est en train de se passer et empêcher de nouvelles violations de nos droits. C’est notre présence dans la région qui est menacée. »

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