200 millions de chrétiens ne peuvent vivre leur foi librement > faire un don

Témoignages des jeunes AED Mission

Témoignage de Guillaume, 21 ans (Liban):
« Le Liban a transformé mon cœur. Ma relation avec le Christ a changé, elle s’est approfondie grâce à ce voyage. Pourquoi ? Car j’ai été témoin de l’extrême gentillesse des chrétiens libanais, de la générosité de leurs mœurs et de leurs traditions, de la vitalité exemplaire de leur foi mise à rude épreuve. Depuis je brûle d’envie de retourner dans ce pays, et en attendant je parle de ce que j’ai vécu à toutes les personnes que je rencontre, à mes amis, ma famille, dans mon université, par les réseaux sociaux, car j’ai le devoir de ne pas rester muet.
En étant immergé dans un quartier pauvre de Beyrouth avec l’aide précieuse des Sœurs de la Charité de Besançon de Jeanne Antide, j’ai compris que la seule chose (devrais-je dire le seul Être) qui permet à des milliers de libanais ou de familles irakiennes et syriennes chrétiennes de continuer à vivre, c’est Jésus. Lorsque l’on vit tous les jours dans une seule pièce avec à peine de quoi manger et vivre dignement, la solution est simple : soit le désespoir et l’abandon au mal, soit l’abandon en Jésus qui seul peut nous sauver. Lorsque l’on a du quitté la Syrie avec une femme et des enfants car sa maison a été rasée par Daech et que l’unique espoir réside dans un visa pour le Canada et l’Australie (pour les plus chanceux), seul reste Jésus. Lorsque notre vie consiste à travailler de manière très dure chaque jour de notre vie pour pouvoir préserver un logement pourtant indigne, la voie qui seule est porteuse de sens et de transcendance est Jésus.
J’ai appris au cours de ce voyage à écouter, à être présent auprès de personnes pleines de tristesse et en même temps remplies d’une force à nulle autre pareille. En visitant des familles, en faisant du soutien scolaire, en côtoyant les jeunes de la paroisse du quartier de Bourj Hammoud, en écoutant les Sœurs missionnaires sur la réalité de ce pays, en me rendant dans les lieux de culte, en rencontrant des chrétiens très pauvres mais aussi des chrétiens aisés, je me suis rendu compte à quel point les chrétiens libanais aiment leur terre, combien il est difficile de vivre en tant que chrétien au Liban, et j’ai réalisé que la destinée du Liban et de la France étaient liées. Je crois vraiment que nos deux pays sont unis, et que si l’un tombe l’autre tombera aussi. Disons les choses comme elles sont : l’Islam est ontologiquement conquérant, et si nous voulons que la France et le Liban restent des terres chrétiennes qui ont pour principe la liberté et non la soumission, il va falloir nous battre, nous engager, il va falloir nommer les choses et choisir notre camp. Les chrétiens libanais sont nos frères aînés. Ils nous aiment, ils aiment la France, la fille aînée de l’Église, ils aiment nos chansons, nos valeurs, nos coutumes, notre langue, mais ils ont le sentiment – justifié – d’être abandonné. A nous de leur prouver le contraire. C’est une histoire de survie. Il faut agir là-bas pour prévenir le sort de notre propre pays. Il faut aller au Liban pour se plonger dans l’histoire ancienne, pour aller à la rencontre des premiers chrétiens, des monastères qui font battre le cœur de la Vallée Sainte, il faut écouter et apprendre de la simplicité avec laquelle les libanais viennent à notre rencontre, il nous faut leur montrer que nous les portons dans notre cœur. »

Témoignage de Lisa, 21 ans (Terre Sainte):
« Je me suis rendue en Terre Sainte pour la troisième fois consécutive : autant dire que mes attentes et mon regard étaient différents cet été comparés à ma première venue. D’abord j’avais très hâte de retrouver les enfants de l’école Melkite afin de faire à nouveau un camp mémorable avant de partir quelques jours à Jérusalem. Remettre les pieds dans cette ville si particulière est toujours un privilège et les visites des lieux saints sont un moment fort de par l’Histoire qui les entourent mais surtout grâce à tous ces visiteurs qui viennent du monde entier y prier et s’y recueillir. J’ai passé une matinée mémorable au Mont des Oliviers… tout semblait si calme, si paisible et propice aux prières, à la méditation alors que quelques mètres plus bas au pied des murailles de la ville les premiers manifestants étaient déjà postés. Les conflits, les haines, les violences ne sont pas perceptibles depuis ces lieux que ce soit au pied du Mur des Lamentations ou à Gethsémani … néanmoins nous avons conscience de la situation tendue qui y règne et alors nos prières ressemblent à des supplications à la paix. Souvent la première question de mon entourage relève de l’insécurité, de la dangerosité d’Israël et Palestine avant même de poser des questions sur le pays en lui-même, ses habitants, le climat, etc. C’est malheureusement cette question de l’insécurité qui revient. Autre chose qui m’a marqué c’est ce  voile d’ignorance entre Palestiniens et Israéliens. Lorsque j’ai passé une semaine avec des jeunes Israéliens j’ai été assailli par des questions comme : « comment sont-ils ? Comment est la Palestine ? Ont-ils des téléphones ? ».  Ils ont une curiosité de découvrir qui sont leurs voisins mais en même ils en ont très peurs. J’ai alors montré des photos, des films que j’avais pris et ils se sont aperçus qu’ils avaient des points communs mais la peur domine « on aimerait pouvoir y aller mais c’est interdit par notre gouvernement ». Aller en Pèlerinage à Jérusalem est une chose mais pour ma part aller à la rencontre des habitants des deux côtés du mur est une richesse supplémentaire. L’acceptation du dialogue et éprouver l’altérité est peut-être et je le dis bien modestement l’une des clés de résolution de ce conflit qui semble sans fin. »

Témoignage de Capucine, 19 ans (Inde):

« Ce qui m’a le plus marqué est la joie des enfants malgré leur pauvreté, les liens profonds que nous avons noués rapidement avec eux, et le dévouement essentiel dans ce pays des gens d’Eglise auprès de tous. Sans les communautés catholiques là-bas, il n’y aurait pas toutes ces écoles avec une réelle éducation, ni ces hôpitaux, ni ces internats, ni ces centres sociaux… J’ai aussi été profondément touchée par la foi brûlante des Indiens, même en minorité et persécutés ils sont fiers d’être catholiques. Je prends cela comme un exemple comme nous, qui sommes si souvent « tièdes » alors que nous ne risquons pas notre vie en France en pratiquant notre religion. Je me suis aussi rendue compte que même si nous avions l’impression de ne pas en faire assez, nous avions déjà fait beaucoup par notre présence. Leur montrer que de l’autre bout du monde nous sommes venus nous intéresser à leur culture, leur apporter un peu de nos idées de jeux, de notre énergie, admirer leur beauté et la force de leur foi, était une minuscule goutte d’eau par rapport à l’infinité de missions que nous aurions pu accomplir là-bas, mais cela les a touchés, il me semble. Cela m’a fait comprendre que le moindre geste que nous faisons envers les autres peut apporter bien plus que ce que l’on imagine, et cela m’a donné envie de m’engager dans des missions de proximité telles que l’aide aux malades, aux plus pauvres… On peut toujours donner un petit quelque chose : un sourire, une heure de son temps, se rendre disponible, et cela peut apporter tellement de joie et de réconfort ! C’est une expérience qui m’a appris énormément sur moi, ma foi, mon rapport aux autres, m’a fait découvrir une autre culture, un autre pays, rencontrer des personnes formidables, vivre des moments uniques de simplicité et de joie avec les enfants… Donc tout simplement, je dis : MERCI l’AED (photo) ! »


Témoignage de Gabriel, 27 ans (Éthiopie):
« Outre par la beauté de l’Éthiopie, de ses paysages et de sa culture, j’ai été particulièrement marqué par la première semaine de mission à Gublak, et par cette expérience de première évangélisation à la fois dépaysante et très instructrice pour notre mission de catholiques en France. J’ai été impressionné par la vitalité et la générosité d’une église catholique extrêmement minoritaire et pourtant très jeune et profondément engagée dans le travail social.
En effet la première semaine en mission a été vraiment une très belle expérience de première évangélisation. Nous participions à la vie liturgique, communautaire et missionnaire des pères comboniens, et j’ai trouvé vraiment très intéressant de voir comment ils mettent en œuvre une première évangélisation chez des peuples qui ne savent rien du christianisme : passant beaucoup par l’apprentissage de chants et de prières, s’appuyant sur des catéchistes de 12 à 16 ans (!), etc. Nous avons eu la chance d’être accueillis par des prêtres intéressants qui nous ont très bien introduits aux enjeux de l’Église catholique en Éthiopie, et notre rencontre avec le Cardinal Souraphiel a aussi été très instructive. »

 

Témoignage de Christelle, 22 ans (Liban):
« Cette mission m’a permis de découvrir une autre culture. J’ai beaucoup appris pendant cette mission, aussi bien par rapport au pays que par rapport à la religion. J’avais déjà entendu parler du rite maronite, et je m’estime chanceuse d’avoir pu assister à une messe maronite presque tous  les jours pendant deux semaines. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est la foi débordante des libanais. La façon dont ils vivent leur foi est très profonde et cela est un exemple pour moi. Aussi, le fait de se sentir utile auprès des familles ou encore auprès des enfants est énormément gratifiant.  Je suis entièrement satisfaite de cette expérience. C’est une mission extrêmement enrichissante que je referais avec grand plaisir. »

Témoignage de Manon, 19 ans (Moldavie):
« Au delà de l’aspect matériel déplorable, j’ai été marqué par le manque d’Espérance. Tous les jeunes veulent quitter le pays, 25% des moldaves sont déjà partis. Le premier jeune moldave (22 ans) que j’ai rencontré m’a dit : ‘il n’y a aucun avenir et aucun espoir à entretenir pour notre pays’. La facilité est de fuir mais les conséquences sont nombreuses : les familles connaissent déjà un démembrement. Par dessus tout, les églises catholiques sont vides et les baptêmes et mariages se font de plus en plus rares. Même si 3 semaines ça semble court, j’ai vraiment l’impression que l’équipe a laissé une trace indélébile en Moldavie.  Pour nous ça ne paraît rien mais pour les habitants nous étions par notre simple présence et bonne volonté des petites lumières qui illuminaient leurs journées. Rien que s’intéresser à eux, les écouter, jouer avec petits et grands, cela changeait de leur triste quotidien. Certains jeunes nous ont avoué se sentir plus motivé que jamais à apprendre le français, ou encore le prêtre nous a annoncé sa volonté soudaine de monter un groupe scout pour occuper les enfants,… Nous avions la chance d’avoir la messe tous les matins, célébré rien que pour nous par le père Christopher.  Nous nous sommes nourris du Christ, et chaque matin c’est Lui qui nous donnait la force d’agir ! Je pense avoir grandi spirituellement, je reviens en France avec une Foi plus forte car en partageant la vie des plus pauvres, les paroles d’Évangile ont pris sens. MERCI BEAUCOUP L’AED !!!!! »

Témoignage de Philippe, 19 ans (Liban):
« Une très belle expérience avec de très belles rencontres. J’ai pu découvrir le Moyen-Orient, qui aura été une très belle découverte. Je suis très reconnaissant à l’AED de la chance que j’ai eue de pouvoir être pris dans ce groupe. Je ne suis pas vraiment capable de décrire cette expérience car c’est vraiment quelque chose que l’on ressent plus que l’on ne peut décrire. Mais c’était la meilleure expérience de toute ma vie. J’aimerais vraiment pouvoir continuer a faire de l’humanitaire dans ce genre, surtout avec l’aspect social au Liban, qui me correspondait. Je n’imaginais pas du tout que cette mission aller être sous cette forme mais je ne pouvais pas espérer mieux. »

Témoignage de Marie, 23 ans (Terre Sainte):
« Ce qui m’a le plus marqué dans cette mission avec l’AED en Terre Sainte c’est la générosité et la simplicité des Palestiniens que nous avons rencontrés. A Ramallah, nous ne pouvions nous déplacer dans la rue sans être abordés, salués, invités à prendre le café, à découvrir l’intérieur d’une maison palestinienne, voire carrément à participer aux fêtes familiales ! C’est même grâce au caractère infiniment chaleureux des habitants de Ramallah que nous avons découverts certains lieux de la ville, comme le conservatoire, dans lequel nous avons eu un concert privé et spontané de chants arabes (j’en ai encore la chair de poule !).
Nous étions venus pour donner de notre temps et de notre énergie… mais il faut se rendre à l’évidence ! Les familles et personnes rencontrées nous ont donné tellement plus, par leur accueil, leurs sourires, et leur envie de nous faire découvrir leur culture !  Les gens nous ont accueillis à bras ouverts, sans nous juger sur notre religion (car bon nombre des familles qui nous ont invités chez elles étaient musulmanes). J’ai aussi été très touchée par l’amitié qui unissaient les enfants chrétiens et musulmans de l’école Melkite ; en les regardant jouer et rire ensemble, on était incapable de distinguer les chrétiens des musulmans. Un père de famille chrétien a également raconté à quelques-uns d’entre nous qu’il sortait souvent avec ses amis musulmans. C’était très beau de voir que, dans certaines régions du Moyen Orient, la cohabitation entre les religions peut rimer avec autre chose que la concurrence, le mépris ou la guerre !
Ce qui m’a aussi beaucoup marquée ce sont les nombreux témoignages que nous avons eus, tout au long de la mission, sur le conflit israélo-palestinien : que ce soit au musée Mahmoud Abbas à Ramallah, que nous avons visité avec Naela, la directrice de l’école melkite, ou dans les différentes familles qui nous ont raconté comment elles avaient vécu les Intifadas et comment elles vivent aujourd’hui encore les tensions et les restrictions imposés par les Juifs sur le territoire palestinien. On réalise alors à quel point on est chanceux de vivre dans un pays en paix, dans lequel on a le droit de circuler, de voyager, de pratiquer sa religion … Comment ne pas être remué par la joie toute simple et vraie de ces personnes, qui ont pourtant vécu des moments très durs et qui encore aujourd’hui souffrent d’une certaine forme de persécution !
Ce qui m’a le plus apporté finalement, je pense que ce sont les rencontres avec les familles et les enfants de Ramallah, la journée en famille au milieu du camp, la visite de la ville par Ramez, un des professeurs de français et ses élèves. Nous avons eu la très grande chance d’être véritablement plongés pendant 10 jours dans la culture arabe et de vivre le quotidien palestinien. Cela m’a ouvert l’esprit, beaucoup appris, et surtout incitée à être dans la joie malgré les difficultés et à redoubler mes prières pour la paix au Moyen Orient ! »

Témoignage de Pierre, 27 ans (Terre Sainte):
« Vivre trois semaines en Terre Sainte était quelque chose de magique. Être baigné dans le monde arabe à Ramallah, pérégriner sur les lieux saints à Jérusalem et à Bethléem puis vivre au rythme des bénédictin(e)s dans le cadre paradisiaque d’Abu Gosh était vraiment une expérience très enrichissante à tous niveaux. Je n’ai qu’une idée en tête : retourner sur cette terre bénie !
Ce voyage en Terre Sainte a vraiment été édifiant sur le plan humain, culturel et spirituel. Lors de la première semaine à Ramallah, j’étais ravi de découvrir la Palestine. Ayant quelques notions d’arabe et ayant souvent vécu au contact de personnes arabo-musulmanes en France, je n’étais pas dépaysé outre mesure et je me sentais même comme un poisson dans l’eau. En effet, les Palestiniens sont très accueillants avec les étrangers et d’autant plus quand ces derniers s’intéressent à leur culture et à leur langue. Ce qui m’a frappé, c’est le décalage entre l’image que j’avais de la Palestine auparavant et ce que nous avons vu à Ramallah. Je m’attendais à découvrir une population opprimée et vivant dans la misère, mais les gens semblaient, du moins au premier abord, beaucoup moins à plaindre que les habitants d’autres pays du Tiers-monde que j’ai eu l’occasion de visiter par le passé. Cependant, en discutant avec eux, nous avons pu constater toute la rancœur que certains nourrissent à l’égard des Israéliens du fait des brimades quotidiennes, des coupures d’eau, des restrictions de déplacement et de la colonisation.
De fait, lorsque nous sommes arrivés à Jérusalem, nous avons tout de suite ressenti une atmosphère tendue qui n’avait rien à voir avec l’accueil chaleureux que reçu à Ramallah. En effet, nous y sommes allés pendant une période de heurts entre les populations juive et musulmane. Cependant, en tant que touristes, nous n’étions pas la cible d’hostilités et nous avons pu nous entretenir cordialement, voire fraternellement, avec ces membres des deux communautés. Je me souviens de cet homme pieux qui nous a dit « bienvenue » en français devant le Mur des Lamentations, ou encore de ces jeunes Arabes qui nous venaient discuter avec nous alors que nous achetions des falafels dans un quartier sous tension.
Mais au-delà de ces événements politiques et de ces rencontres humaines, Jérusalem est une ville magique sur le plan spirituel. Lorsqu’on est dans la ville sainte, on ne peut que comprendre le psalmiste qui chante : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! Je veux que ma langue s’attache à mon palais si je perds ton souvenir, si je n’élève Jérusalem, au sommet de ma joie » (psaume 136 (137), 5-6). En effet, quand vous êtes sur ce lieu où s’est déroulée la majeure partie de l’histoire biblique, et en particulier la Résurrection du Christ, qui est au centre de la foi chrétienne, vous vous dite qu’aucun endroit n’est aussi chargé d’histoire que Jérusalem. Vous pouvez voyager dans le monde entier et visiter tous les monuments édifiés par les plus grandes civilisations, rien ne vaut le lieu où l’Histoire a pris tout son sens. Lorsque vous êtes dans la ville sainte, même si les hommes se font la guerre, vous êtes sur une terre bénie par Dieu et vous vous sentez proche de Lui.
Nous avons passé la dernière semaine dans l’abbaye bénédictine d’Abou Gosh, située sur le lieu qui correspond vraisemblablement au village d’Emmaüs mentionné dans l’Évangile. Après avoir quitté la ville de Jérusalem qui était donc sous tension, nous avons découvert un havre de paix, dans une ville où juifs, chrétiens et musulmans vivent ensemble en toute fraternité. Le frère Olivier nous a raconté son expérience d’accueil de toute sorte de visiteurs à l’abbaye. Des chrétiens de toute confession, mais aussi de nombreux militaires israéliens (dont la formation professionnelle exige de rencontrer un moine chrétien), des juifs orthodoxes, des musulmans, des druzes, des personnalités politiques ou diplomatiques, des motards, etc. Il nous a raconté comment Dieu peut faire tomber les murs de nos préjugés et construire des ponts pour que nous vivions en communion fraternelle malgré nos différences.
Pour conclure, je citerai une sœur bénédictine à Abou Gosh, « on revient toujours transformé de Terre Sainte. On y revient toujours avec un morceau de ce pays. »

Témoignage de Mathilde, 25 ans (Égypte):
« J’aidais dans une crèche, quand mon attention a été attirée par une petite fille de 6-7 ans. Elle avait une croix tatouée à l’intérieur de son poignet, comme bien des Coptes, mais c’était la première fois que j »en voyais une sur quelqu’un de si jeune. En la regardant, j’ai repensé à l’attentat contre un bus de pèlerins qui avait eu lieu deux mois plus tôt. J’ai alors compris à quel point leur attachement au Christ était réel. Leur foi est littéralement gravée dans leur chair et ce n’est pas la menace de la mort qui les fera faiblir. D’un seul coup, je me suis sentie fière d’être aux côtés de ce peuple si vaillant. »

Témoignage de Sophie, 21 ans (Terre Sainte)
« La Terre Sainte …expérience incroyable !
En Palestine, j’ai été touchée par l’accueil si chaleureux des gens, pour qui l’étranger est vraiment le bienvenue ! J’ai été marquée par leur histoire, leur quotidien : par exemple ils doivent demander des permissions, qu’ils obtiennent très difficilement, à l’état israélien pour pouvoir aller à Jérusalem. Triste réalité d’un peuple enfermé dans son propre pays ! Deux mois plus tard, j’essaie, à mon échelle,  de m’en faire le porte-parole ! Peuple privé de liberté … et pourtant qui sait vivre, qui n’a pas oublié des valeurs essentielles : l’accueil, le respect, le dévouement ! Cela m’interpelle, moi, petite européenne qui jusque-là ne connaissait qu’un seul « modèle de vie »(censé être le meilleur-dit on- ). Oui on peut vivre autrement… et vivre heureux !
Ici les enfants, spontanément, nous saluent dans la rue et nous souhaitent la bienvenue en arabe (heureusement un prof de français fait office de traducteur!)…Ici pas de problème de religion : tout le monde vit ensemble, chrétiens, musulmans, ce n’est pas un problème ! Un exemple ? L’école chrétienne dans lequel nous délivrons des cours de français est composée à 50% de chrétiens et à 50 % de musulmans…ce qui n’empêche pas de prier le « Notre père » tous les matins, suivi de l’hymne national.
Jérusalem : ville indescriptible ! Tellement renversant d’être dans la ville de notre sauveur, de mettre nos pas dans Ses pas !! Ce passage change à jamais notre vie de croyant : maintenant en lisant la bible je revois les lieux, je vois un Jésus si incarné : oui il a vraiment souffert…il est vraiment mort … et il est vraiment vivant ! Et pourtant, dans cette ville où le monde a été sauvé, les gens se côtoient, parfois s’affrontent même violemment comme nous avons pu le voir, sans se mélanger, sans se rencontrer. Ils sont si proches et pourtant ils vivent chacun de leur côté, non ensemble ! (en tout cas c’est le ressenti que j’en ai eu).
« RENCONTRER » je pense que c’est  le mot que l’on pourrait retenir de ces trois semaines en Terre sainte. Comme nous l’a si bien transmis un des frères du monastère d’Abu Gosh, dans ce contexte de situation géopolitique très complexe : « c’est lorsque l’on se rencontre que les barrières tombent » !  (les barrières du cœur !) L’autre fait peur, tant qu’on ne le rencontre pas.  Ce frère, devant toutes ces divisions, nous parle du langage universel de l’homme : celui du cœur. Il nous raconte de merveilleuses anecdotes de rencontres, au premier abord inenvisageables, entre des personnes  extérieurement très différentes. Il nous prouve ainsi comment le cœur humain peut être touché, se transformer …Il nous parle de tout ce qui se fait de beau pour la paix, et dont on ne parle pas dans les médias : une équipe de foot s’est constituée, composée de juifs et d’arabes qui jouent ensemble ! Cela remplit d’espoir : oui, la paix est possible ! »

Témoignage de Jérémy, 28 ans (Liban)
Cela fait maintenant deux mois que notre mission au Liban s’est achevée. Et bien que ma vie ait maintenant repris son cours, cela difficilement d’ailleurs, j’ai le sentiment que cette expérience m’a profondément transformée. Il n’est pas un jour sans qu’un souvenir me revienne, ou plutôt ressurgisse à la manière d’un flash. Que ce soit l’abnégation, le courage, la force, l’optimisme des sœurs avec lesquelles nous avons vécu, les sourires et la joie des enfants que nous avons aidé, l’accueil extraordinaire des jeunes et habitants de la paroisse avec lesquels nous avons partagé le quotidien, les actes de générosité dont nous avons été témoin et auxquels nous avons parfois pris part… Mais surtout, quelle leçon que ces rencontres qu’il nous a été donné de faire. Je pense notamment à ces familles libanaises démunies ne s’étant pas relevées de la guerre civile et à ces familles réfugiées ayant fui la guerre en Syrie et en Irak, ayant tout perdu, peinant à survivre et dont l’avenir est si incertain mais qui, fortes de leur foie en dieu et de leur volonté d’offrir à leur enfant des lendemains meilleurs, font montre d’un courage à peine croyable. Ces rencontres, ces relations nouées au fil des jours, ces moments privilégiés de partage que nous avons vécu, auront été d’une telle puissance émotionnelle, passant de la joie à la tristesse, des larmes aux rires, qu’aucun mot ne saurait en rendre compte ! Seulement puis-je dire que je ne suis plus exactement la même personne. Parti seulement un mois mais ayant l’impression d’être parti bien plus longtemps, je me sens grandi, avec le sentiment d’avoir gagné en force et en clairvoyance quant à ce qu’il y a d’important dans la vie. Bien-sûr en m’engageant dans cette mission humanitaire, je me doutais que j’allais en être marqué à vie mais je ne soupçonnais pas à quel point. Et ce voyage reste tellement présent dans mon esprit qu’encore aujourd’hui lorsque je discute de sujets divers avec mes proches, je suis souvent obligé de refréner mes références au Liban. Tombé littéralement amoureux de cette région du monde et de son peuple, de son histoire à la complexité insoluble, de sa spiritualité vibrante, je n’ai maintenant qu’une envie, c’est d’y retourner bien plus longtemps avec l’espoir de pouvoir rendre au centuple tout ce que cette mission m’a apporté.

Témoignage de Clotilde, 21 ans (Liban)
Ce qui m’a marquée est la joie de pouvoir aider des personnes en difficulté (matérielle, morale… les Sœurs de Besançon nous ont rappelé qu’il y avait diverses formes de pauvreté). La générosité des plus démunis à notre égard était souvent édifiante! Quand ils nous accueillaient chez eux et nous offraient à manger le peu qu’ils avaient, nous pensions avec émotion à l’ évangile de la veuve du Temple qui donne ses dernières piécettes. Quel contraste avec moi qui ai tant de mal à sacrifier de mon superflu! Leur exemple m’a donné envie de changer sur ce point. J’ai été très heureuse de rencontrer nos frères chrétiens libanais et  de découvrir la diversité de l’Eglise catholique au travers des rite maronite et melkite. Laisser les oreilles s’émerveiller de cet héritage byzantin avec mélopées orientales, non pas pour se contenter d’exotisme, mais pour que le cœur cherche à mieux saisir l’Essentiel.
Les familles chrétiennes réfugiées originaires de Syrie et d’Irak avec qui nous avons sympathisé nous ont confié des témoignages bouleversants. Chaque histoire est unique, bien sûr, mais la trame est souvent commune ; ils ont vécu des bombardements, ont dû fuir en laissant sur place leurs biens, leur emploi et leur situation sociale. Au Liban, ils vivent dans une situation précaire puisqu’il leur est très difficile de trouver un emploi. Les seuls piliers qui leur permettent de tenir sont leur foi en Dieu et l’amour de leurs enfants. En nous racontant leur histoire douloureuse ils ne peuvent s’empêcher de rendre grâce à Dieu. Quelle foi !
Deux mois après la mission je garde à l’esprit ces rencontres exceptionnelles. Maintenant que je ne peux plus être auprès de ces personnes, j’essaie de les aider par les moyens qui me reste, je pense en particulier à la prière et au partage.

Témoignage de Florence, 19 ans (Égypte)
Me​ ​posant​ ​la​ ​question​ ​de​ ​pratiquer​ ​un​ ​métier​ ​dans​ ​le​ ​domaine​ ​de​ ​l’humanitaire​ ​plus​ ​tard,​ ​ces​ ​trois semaines​ ​m’ont​ ​permis​ ​de​ ​découvrir​ ​à​ ​quel​ ​point​ ​je​ ​désire​ ​apporter​ ​mon​ ​aide.​ ​​ ​Le​ ​fait​ ​de​ ​ne​ ​pas​ ​se sentir​ ​indispensable,​ ​et​ ​de​ ​voir​ ​que​ ​l’on​ ​peut​ ​tout​ ​à​ ​fait​ ​se​ ​passer​ ​de​ ​notre​ ​aide​ ​m’a​ ​confirmé​ ​que cette​ ​aide​ ​commence​ ​en​ ​premier​ ​lieu​ ​dans​ ​les​ ​petites​ ​choses​ ​et​ ​les​ ​gestes​ ​les​ ​plus​ ​simples.​ ​Je​ ​pense tout​ ​simplement​ ​à​ ​un​ ​sourire,​ ​​ ​à​ ​des​ ​services​ ​simples​ ​que​ ​nous​ ​avons​ ​rendu​ ​au​ ​Caire​ ​comme​ ​aider​ ​des personnes​ ​handicapées​ ​à​ ​prendre​ ​leur​ ​douche,​ ​aider​ ​un​ ​enfant​ ​à​ ​travailler,​ ​à​ ​jouer​ ​avec​ ​lui… J’ai​ ​été​ ​marquée​ ​par​ ​le​ ​“Quartier​ ​des​ ​Chiffonniers”​ ​et​ ​sa​ ​pauvreté​ ​et​ ​cela​ ​m’a​ ​encore​ ​plus​ ​confortée dans​ ​mon​ ​désir​ ​d’aider​ ​les​ ​gens.  Enfin,​ ​les​ ​rencontres​ ​avec​ ​les​ ​coptes​ ​nous​ ​ont​ ​beaucoup​ ​apporté​ ​et​ ​nous​ ​avons​ ​appris​ ​de nombreuses​ ​choses​ ​de​ ​ces​ ​chrétiens. Merci​ ​beaucoup​ ​pour​ ​ces​ ​trois​ ​semaines​ ​!​ ​:)

 

 

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