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Union Européenne : L’UE rétablit le poste d’Envoyé spécial pour la liberté religieuse

Publié le 8 août 2020

L’Union européenne (UE) a décidé qu’elle disposerait d’un Envoyé spécial pour la liberté religieuse, répondant ainsi aux appels lancés par le monde politique et la société civile en Europe et à l’étranger.

La décision a été annoncée mercredi 8 juillet par la vice-présidente de la Commission européenne, Margaritis Schinas, provoquant un soupir de soulagement parmi les nombreuses organisations qui œuvrent en faveur de la protection et de la promotion de cette liberté fondamentale, parmi lesquelles on compte l’AED.

« Les enjeux étaient très importants », a indiqué le Président exécutif de l’AED, Thomas Heine-Geldern, « compte tenu des nombreux droits de l’Homme menacés depuis le début de la crise de la Covid-19, en particulier la liberté religieuse, entravée dans de nombreux pays. L’UE confirme aujourd’hui son engagement, qui semblait compromis il y a quelques semaines ».

Un poste supprimé

En effet, la Commission européenne avait supprimé le poste le 15 juin dernier sans explication, puis elle s’était immédiatement rétractée après un tollé soulignant l’évidence du fait que les menaces qui pèsent sur la liberté religieuse, telles que la résurgence de l’extrémisme et de persécutions violentes, sont en augmentation dans le monde entier.

Le poste était vacant depuis novembre 2019. Toutes les affaires qui étaient suivies par l’Envoyé spécial étaient en suspens, notamment concernant les cas de prisonniers au Pakistan accusés de blasphème, de jeunes chrétiennes enlevées au Nigeria, et de la minorité ouïghoure en Chine, principalement musulmane. « Nous espérons que la nomination interviendra plus tôt que tard, avant que les dommages ne s’étendent. Parfois, le simple fait de savoir que quelqu’un en Occident se soucie des victimes de persécution fait des merveilles pour garder l’espérance vivante. En fait, l’AED sera ravie si le poste devient un mandat permanent et pluriannuel et non soumis à un réexamen annuel », a déclaré Thomas Heine-Geldern

Contribution nécessaire dans l’affaire d’Asia Bibi

Jan Figel, homme politique slovaque, exerçait depuis mai 2016 la fonction d’Envoyé Spécial de l’UE pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction à l’extérieur de l’Union européenne. Son travail avait été très apprécié des victimes et de leurs défenseurs, entre autres pour son importante contribution et sa vigilance constante dans l’affaire Asia Bibi, cette catholique en attente de libération après six années passées en prison au Pakistan. Les visites de M. Figel dans les pays où les tensions liées à la foi s’intensifient ont contribué à réduire la pression sur les minorités religieuses, par exemple en Indonésie et en Égypte. Son mandat pourrait se poursuivre dans les prochaines semaines.

Il y a un intérêt de la part de quelques États membres de l’UE, mais la décision concernant la nomination incombe uniquement à la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, car il s’agit d’un mandat qui dépend de l’exécutif de l’UE.

Le gardien de la liberté de religion

Présentation par l’AED du Rapport sur la Liberté Religieuse au Parlement Européen à Bruxelles

Un Envoyé spécial remplit la mission de promotion et de protection du droit fondamental à la liberté de pensée, de conscience et de religion, telle que spécifiée à l’article 10 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE. Il ou elle doit devenir le « gardien » de l’application des lignes directrices de l’UE pour la liberté de religion ou de croyance, et interagir avec les organisations confessionnelles européennes et les Églises qui interviennent à l’étranger.

« En raison de cette fonction de passerelle de l’Envoyé, son travail a été très important pour l’AED », a poursuivi Thomas Heine-Geldern. « Pour nous, il est très important que nos partenaires de projets qui sont dans des situations difficiles, comme au Myanmar, en Irak, Indonésie, République centrafricaine ou République Démocratique du Congo, aient quelqu’un à qui s’adresser directement et en qui avoir confiance pour transmettre leur message à l’Europe, où les décisions des responsables politiques sont prises de manière plus adaptées aux besoins des victimes ».

« Le bureau international de l’AED assure également le suivi des contacts établis avec nos partenaires de projets et informe régulièrement les décideurs politiques de la situation sur le terrain. Cela aide ensuite les politiciens et le personnel à aborder non seulement les questions de liberté de religion, mais aussi les conséquences des persécutions dont l’AED est témoin dans les pays où l’UE a conclu des accords et peut revoir sa politique en matière d’aide d’urgence, de développement et de coopération, de sécurité, d’affaires étrangères, de jeunesse, d’éducation et de commerce », a conclu Thomas Heine-Geldern.

 

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